Traiter les causes avant d’attaquer les conséquences

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Ce sujet a 3 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  Le maître d’ouvrage, il y a 1 an et 7 mois.

4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)
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  • #2719

    Michel Santé
    Participant

    Traitons donc les causes avant de s’attaquer aux conséquences !
    La cluse d’Annecy est un secteur écologiquement très sensible, compte tenu de sa géographie ; nous, humains, occupants temporaires, devons bien considérer la façon dont nous l’habitons ou la traversons, aujourd’hui, demain, après-demain et au delà.

    Ce Projet semble considérer comme inéluctable l’augmentation du trafic routier sur l’axe Annecy-Faverges. Peut-être n’est-ce pas vrai, je ne sais pas ce qu’il y a dans la tête de ses auteurs, mais on aimerait en avoir la confirmation.
    En effet, si nous avons l’ambition, par une modification de nos comportements humains, de maîtriser l’évolution climatique de la planète tout entière, comment pouvons nous accepter comme une fatalité l’augmentation du trafic sur cet axe sensible ? N’avons nous aucun moyen d’action ?
    Par exemple :
    * pour le trafic pendulaire : constat : la démographie locale est en vive expansion.
    La construction de logements, notamment sur Sevrier et St Jorioz se développe de façon spectaculaire ; ne peut-on pas maîtriser l’augmentation de la population ? Ne serait-ce que par la délivrance des permis de construire.
    * pour le trafic de transit : augmentation de l’affluence touristique et du transport.
    Le trafic des poids-lourds, le trafic touristique ne peuvent-ils pas être contenus ? Exemple : incitation au contournement des Bauges (via autoroute) comme cela s’est pratiqué (avec succès) lors des Jeux Olympiques d’Albertville, limitation du trafic PL au trafic local, limitation à un certain tonnage… etc… Des mesures administratives potentielles existent très certainement, mais a-t-on la volonté de les mettre en oeuvre ?

    Ceci étant fait, il semblerait bon, d’encourager et faciliter encore plus un certain nombre de mesures qui peuvent réduire le trafic pendulaire :
    – le co-voiturage et le « stop », par la communication et la création de Parkings-Relais.
    – l’implantation de « services »ne rendant plus nécessaire le déplacement sur Annecy (spécialistes médicaux, par exemple) ou Epagny (grandes surfaces type bricolage ou sport, par exemple)

    Alors, mais seulement à ce moment-là, parlons de tunnel et BHNS, etc…

    #3105

    Philippe Boyer
    Participant

    Les politiques réunis autour de ce dossiers ont envie d’une œuvre monumentale pour leur gloire personnelle. Bizarrement alors que ce sont eux qui devraient avoir une vision d’avenir, on s’aperçoit sur ce forum que ce sont les citoyens qui font preuve de bon sens et qui annuleront probablement par leur mobilisation ce projet inadapté.

    #3321

    Isabel San Marco
    Participant

    Je m’étonne que vraiment très peu d’éléments soient présentés dans les différents documents au sujet des petits trajets locaux. L’étude de trafic et de modélisation statistique la plus récente mise à disposition sur ce site n’aborde pratiquement pas le sujet malgré ses quelques 100 pages…

    Le projet de tunnel sous le Semnoz est clairement orienté vers les déplacements pendulaires domicile-travail, ce qui est logique lorsqu’on voit les pics sur les courbes de l’étude de modélisation. Mais tout le monde ne fait pas des trajets longs vers Annecy pour se rendre à son travail. Beaucoup d’habitants de la rive ouest y travaillent également.

    Il sera très difficile de modifier en profondeur les habitudes de déplacement des frontaliers (près de 280 frontaliers habitent les communes de Sevrier, St Jorioz et Duingt d’après l’Insee, année de référence 2015) : ce n’est surement pas un BHNS qui les encouragera à renoncer à leur voiture pour se rendre en Suisse, surtout si un tunnel sous le Semnoz leur permet de gagner quelques minutes en voiture. Ici, c’est surtout une hausse du covoiturage doit surtout être recherchée (exemple la voie réservée aux covoitureurs à la Douane de Vallard sur l’A411 : ce serait pertinent de reproduire cela aux différentes barrières de péage et entrées/sorties de l’A41). Pareil pour tous les habitants de la rive ouest et du sud du lac qui ne travaillent pas au centre-ville d’Annecy mais en périphérie (Glaisins, Altaïs, change, université, etc.), il y a peu de chances qu’un BHNS qui les amène à la gare, où il faudra prendre au moins 1 correspondance, soit intéressant.

    Deuxièmement, concernant les petits trajets, il y a peu de chances qu’un BHNS soit véritablement compétitif par rapport à la voiture avec cette amplitude horaire annoncée pas exceptionnelle pour un BHNS, et avec une fréquence maximale annoncée qui reste assez décevante (10 minutes… sauf que si le bus qui arrive est plein à craquer, ça devient 20 minutes, sachant qu’il faut déjà le temps pour rejoindre l’arrêt). Partout on lit que le vélo est le moyen de transport le plus efficace pour les petites trajets de quelques kilomètres.

    L’étude de modélisation du trafic évoque les données professionnelles domicile-travail de l’Insee. J’ai pris le temps de les regarder, et on observe (année de référence 2015) que :
    28% des habitants de Saint-Jorioz y travaillent (695 personnes)
    20% des habitants de Sevrier y travaillent (347 personnes)
    17% des habitants de Duingt y travaillent (82 personnes).

    Si on regarde ensuite les déplacements entre ces communes, on constate par exemple que chaque jour 120 habitants de St Jorioz travaillent à Sevrier, et 80 dans le sens inverse. Idem, chaque jour une cinquantaine d’habitants de Duingt travaillent à Saint-Jorioz.

    Prenons le cas de Saint-Jorioz, nous avons donc 695 personnes qui travaillent « sur place » et 120 qui travaillent dans la commune voisine de Sevrier, soit 805 déplacements. Autrement dit, 32% des déplacements au départ de Saint-Jorioz sont des petits (moins de 5-6km), voire des « très petits » déplacements Dans le même temps, quand je vois que la même source de donnée (l’Insee) dit que seulement 19% des habitants de Saint-Jorioz se rendent à leur boulot autrement qu’en voiture, je m’interroge. Tous ceux qui prennent leur voiture sont-ils réellement obligés de la faire ? Quelles seraient les améliorations qui leur permettrait de prendre un vélo plutôt que leur voiture pour ces petits déplacements ?

    Une meilleure sécurité des axes, des intersections ? (notamment vis-à-vis des enfants)
    Une priorité permanente des vélos, y compris au croisement des grands axes ?
    Un meilleur maillage de pistes cyclables ? (la voie verte est intéressante, mais lorsque y accéder est déjà un parcours du combattant, cela peut facilement décourager).
    Une meilleure aide à l’achat de vélos électriques ?
    Plus de parkings pour vélos ? (y compris des parkings sécurisés empêchant les vols et dégradations)
    Etc.

    Apporter des réponses sur les moyens-grands déplacements, pourquoi pas. Mais il est aussi impératif d’apporter des réponses pour les petites déplacements du quotidien. Bien sûr, tout le monde ne pourra pas se passer de sa voiture (certains professionnels, les PMR, les personnes âgées, etc.) mais reconnaissons que la marge de progression est actuellement énorme !

    Énormément de personnes en ville se disent prêtes à ranger leur voiture au garage et prendre un vélo si les conditions de circulation et d’utilisation sont appropriées. Il y a toutes les chances que ce soit pareil dans le périurbain et à la campagne si on s’en donne les moyens.

    Commençons par mettre à peine 10-20% du cout exorbitant du tunnel pour l’investir dans l’amélioration réelle des déplacements en vélo à l’échelle de toute l’agglo d’Annecy, et ensuite on verra si la seule réponse possible est bien ce type de tunnel qui fait plus penser aux années 60 qu’à 2030.

    #4099

    Le maître d’ouvrage
    Admin bbPress

    Bonjour, nous vous remercions pour votre contribution sur ce forum.

    Vous évoquez la question centrale des déplacements courts, aujourd’hui trop souvent réalisés en voiture, et la nécessité de développer les infrastructures cyclables. Sur la rive Ouest du lac néanmoins les enquêtes révèlent aujourd’hui que 8 % des déplacements effectués par les habitants des communes la rive Ouest à l’intérieur de ces communes sont réalisés en vélo, ce qui est bien plus important que les chiffres habituellement constatés dans ce type d’enquête, où la part modale du vélo est davantage autour de 2-3 %. C’est pourquoi le projet LOLA n’a pas souhaité remettre en question la voie verte existante. D’autres aménagements peuvent être nécessaires : vous citez notamment les parkings pour vélo sécurisés, la sécurité des axes, le maillage des itinéraires…Ces sujets seront versés au bilan de la concertation.

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