un exercice perfectible mais riche et intéressant

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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Eric Renevier, il y a 4 mois et 4 semaines.

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    Eric Renevier
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    Bonjour,

    Alors que la concertation se termine je livre ici (à titre personnel et n’engageant que moi) mon analyse du processus qui vient de se dérouler pendant trois mois.

    1. Un processus jeune et perfectible

    L’exercice de la démocratie participative est encore balbutiant dans notre pays. Il connaît donc logiquement quelques bugs : ce fut le cas lors de cette concertation.

    Le premier de ces bugs porte sur le contenu des documents publics de concertation et quelque part sur l’angle proposé sur cette concertation. Comment les maîtres d’ouvrage ont-ils pu présenter un dossier avec si peu d’éléments sur Annecy Sud, alors que c’est le secteur le plus impacté à la fois en termes d’infrastructures (tunnel, NVU), de trafic (+ 11 000 véhicule/jour soit + 72% sur l’avenue Zanaroli) et d’environnement (qualité de l’air, nuisances sonores, saleté) ?

    En outre, difficile de parler d’une information complète et transparente tant était orientée la mise en forme sur certains points, comme les impacts localisés de la pollution ou les bénéfices sur le trafic (sur valorisés ou sous valorisés selon les cas), pour n’en citer que deux.

    Le deuxième bug porte sur la logistique : publications officielles distribuées seulement la veille de la première réunion dans les boites aux lettres (en tous cas sur le quartier de Barral), salles trop petites et manque de sièges, problèmes de micro…

    Le troisième bug porte sur la dualité de la concertation. Si joindre une concertation sur le PDU à une concertation sur Lola répond à une certaine logique, si séparer les deux thèmes (deux concertations aux dates différentes) aurait aussi eu son lot d’inconvénients, force est de constater que de faire une concertation double Lola + PDU a plutôt brouillé les cartes. Par exemple, le temps de présentation du PDU lors de la première réunion commune Lola/PDU (Annecy en octobre) a « mangé » du temps de débat sans vraiment apporter un plus. Et par la suite, dans les réunions normalement consacrée aux deux sujets, le PDU est quasiment passé aux oubliettes (Sévrier et Veyrier).

    L’absence d’une communication conséquente de la part des maître d’ouvrage et, par ricochet, d’une forte médiatisation sur le PDU a amplifié ce phénomène de « déclassement » par rapport à la concertation sur Lola. Tout comme l’absence d’un site web dédié à la concertation sur le PDU.

    Tous ces bugs ne doivent pas être passés sous silence mais il convient de les replacer dans leur contexte : il s’agit de la première concertation de cette ampleur sur le bassin annécien. Gageaons que grâce à cette expérience, les prochaines seront sans doute mieux organisées.

    2 Un processus qui a tout son sens et tout son intérêt

    2-A – Un processus qui sert à informer
    Si comme je viens de le dire cette concertation n’est pas exempte de critiques, il serait injuste de lui trouver tous les maux.

    Le fait qu’il y ait eu à chaque réunion publique plusieurs centaines de personnes – avec une excellente qualité d’écoute et très peu de perturbations, il faut le souligner – est une première preuve de son intérêt : quelle que soit la décision des maître d’ouvrage par la suite, le processus a de toute façon été utile parce qu’il a servi à informer.

    2-B – Un processus qui permet de s’exprimer L’intervention de Barral Ensemble est une deuxième preuve de l’intérêt du processus : oui les citoyens peuvent apporter leur pierre à l’édifice de la discussion.

    Sans processus de concertation publique (ou de débat public), impossible d’attirer l’attention sur tel ou tel aspect ou tel ou tel oubli du dossier. Alors que grâce à cette procédure et à la présence de;la Garante nommée par la CNDP, de nouveaux éléments d’information et de discussion ont pu, en cours de concertation, être versés au débat par la public et même soumis à discussion avec l’appui des maîtres d’ouvrage (cf. la réunion spéciale rajoutée au programme, le 8 janvier sur Seynod). Quelle autre procédure permet de telles avancées ?

    De même avec le forum proposé sur le site internet : chacun a pu s’y exprimer librement, donner un point de vue ou poser des questions. Et le maître d’ouvrage a, au fur et à mesure, répondu aux questions et mis en ligne une documentation supplémentaire. Au passage, je tiens à saluer le travail des équipes de la maîtrise d’ouvrage en la matière.

    Le débat s’est enrichi au fur et à mesure qu’il avançait dans le temps grâce aux éléments apportés par le public. C’est un point très positif et fondamental.

    Les très nombreuses demandes de prises de paroles lors des quatre grandes réunions publiques (ainsi qu’à l’atelier/réuion de Seynod) constituent une troisième preuve de l’intérêt de la concertation publique : à chaque fois il y a eu beaucoup plus de demandes de parole qu’il n’était possible d’en attribuer. Preuve qu’il y avait une forte attente de la part du public et qu’il n’y avait pas de peur de s’exprimer.

    Même si certains se sont exprimés plusieurs fois (élus, associations), quand on prend en compte les quatre grandes réunions on constate que les prises de paroles ont bien été le fait de très nombreuses personnes, avec des témoignages, des questions et des contenus diversifiés. Si l’on prend aussi en compte l’atelier/réunion du 8 janvier, le constat est encore amplifié : lors de ce rendez-vous, mis à part la courte intervention de Barral Ensemble (qui était à l’origine de ce rendez-vous spécifique), aucun élu ou association ne s’est exprimé. Et les questions et interventions ont été très nombreuses, émanant dans l’immense majorité des cas de personnes qui ne s’étaient jamais exprimé dans le débat auparavant.

    2-C Un affrontement de deux blocs qui n’est pas inutile Les quatre grandes réunions ont donné lieu, avant que le micro ne soit tendu à la salle, à « ping-pong » entre les maîtres d’ouvrage et les représentants du Grenelle.

    L’exercice a pu paraître répétitif à celles et ceux (sans doute pas très nombreux) qui ont assisté à ces quatre rendez-vous. Néanmoins, au fil du temps, les arguments déployés par le maître d’ouvrage et les soutiens du projet se sont enrichis : au départ la fluidité du trafic puis la sécurité pour l’accès des secours, la compétitivité des entreprises grâce à la diminution des bouchons…

    Et même une analyse comparative des différentes alternatives (BHNS, tramway, PRT), versée au débat par le Conseil Départemental (co maître d’ouvrage). Même si pour ce dernier cas il est dommage que le document, dont la première version date de mi novembre n’est été rendu public que le 14 janvier, soit trois jours avant la fin de la concertation, rendant impossible toute discussion à son sujet.

    Même phénomène d’amélioration au fil du temps dans l’autre bloc (le Grenelle et les opposants) : au départ surtout la critique des éléments proposés puis la mise en exergue de la non conformité avec les objectifs internationaux sur le climat, l’étude comparative des différents modes…

    La répétition du « ping-pong » a donc eu ses inconvénients mais aussi son intérêt.

    In fine, cette concertations publique, malgré ses imperfection, a donc eu tout son sens et tout son intérêt. Le processus est certainement appelé à s’affirmer comme un incontournable de notre démocratie, l’actualité nationale (Gilets jaunes, émergence du thème du référendum d’initiative citoyenne, Grand débat présidentiel…) va d’ailleurs dans ce sens.

    Avec une logistique mieux adaptée, avec des élus et davantage rodés et convaincus de l’intérêt du processus mais aussi avec un public également plus aguerri (et d’autant moins tenté d’y voir un défouloir que l’exercice est habituel), les retombées positives des futures concertations et débats publics n’en seront que plus importantes. J’en nourris en tous cas l’espoir.

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